Ne laisser aucun jeune sur le bord du chemin, voilà l’ambition qu’affiche le rapport* de la députée Sylvie Charrière. C’est aussi l’objectif de tout un travail entrepris depuis le début des années 2010 par les politiques publiques. Cette dynamique que l’on ne peut que saluer s’inscrit dans la loi pour une École de la confiance promulguée le 28 juillet 2019. Spécifiquement incarné par l’article 15, celui-ci instaure le principe d’une obligation de formation pour les jeunes âgés de 16 à 18 ans. Entendons par là : en classe, en apprentissage, en stage, au service civique, en emploi ou toute autre forme d’encadrement permettant aux jeunes de rester dans un processus de formation. Cette tranche d’âge charnière pendant laquelle le décrochage scolaire se confirme et la marginalisation s’accélère rencontre donc le soutien de l’État. Chez Humanroads, ce sujet nous tient particulièrement à cœur, car comme le souligne le rapport, cette obligation de formation doit permettre à une population particulièrement fragile de se projeter vers l’avenir et d’explorer tous les chemins possibles. Elle doit aussi permettre de favoriser et valoriser l’acquisition de compétences nouvelles à un âge de la vie crucial pour le développement de l’individu au sein de la société.

Renforcer les dispositifs existants et mieux les articuler

Les structures mobilisées sur l’accompagnement des jeunes vers la formation et l’insertion sociale et professionnelle existent déjà et elles sont nombreuses. L’une de leurs forces est d’être diverses et de pouvoir, grâce à cela, s’adresser à une diversité de jeunes fragilisés. Le rapport commence donc par rappeler la nécessité d’améliorer et de renforcer l’articulation entre celles-ci. Le travail partenarial des acteurs au sein des « plateformes de suivi et d’appui des décrocheurs » doit être poursuivi en structurant encore davantage l’activité des « réseaux Formation Qualification Emploi » (foquale) de l’Éducation nationale, avec celle de l’ensemble des partenaires en particulier les missions locales en charge de la mise en œuvre et du contrôle de l’obligation de formation. Tout en gardant leur ADN et leur spécificité, le rapport appelle de ses vœux un travail partenarial doté de « processus métiers » plus clairs autour du « repérage » et de la prise en charge de ces jeunes. Concrètement, il s’agit de poursuivre et de renforcer le travail de coordination entre les acteurs. Les « Pactes régionaux d’investissement dans les compétences » (PRIC) ainsi que la mobilisation accrue des financements européens pourraient servir de leviers pour accompagner cette politique publique au bénéfice des 16-18 ans.

Mettre en place une logique de formation tout au long de la vie

Plusieurs recommandations s’inscrivent dans une logique visant à assouplir la logique des bornes de l’instruction publique obligatoire jusqu’à 16 ans. Afin d’éviter les phénomènes de rupture, le rapport Charrière invite à un renforcement des actions de prévention du décrochage scolaire au sein de l’Éducation nationale alors qu’environ 15 000 jeunes de moins de 16 ans seraient déjà, chaque année, en situation de décrochage scolaire. Cela suppose une transformation progressive du système éducatif pour donner l’opportunité à ces jeunes fragilisés de réaliser les mêmes objectifs que leurs pairs : développer les compétences nécessaires pour se projeter vers l’avenir, élever leur niveau de qualification et accéder à l’emploi. Le même processus doit pouvoir être reproduit tout au long de la vie afin d’anticiper l’évolution des métiers et mettre à profit les périodes de « ruptures » et de changement d’orientation.

Un parcours « cousu main »

Les efforts consentis pour améliorer le repérage et l’échange d’informations entre les partenaires sur la situation des jeunes ne sont pas encore à la hauteur des enjeux. Le rapport souligne la nécessité de mise en œuvre d’une « base communautaire » d’informations au service d’un repérage et d’un accompagnement plus efficace. Un travail particulier devra être réalisé dans la logique du « aller vers » pour espérer toucher les publics dits « invisibles » souvent les plus éloignés de la formation. Dans un contexte de surcharge des procédures et des actes administratifs liés au déploiement d’outils numériques, il s’agit également de privilégier une démarche de simplification centrée sur les besoins des agents et des professionnels qui accompagnent les jeunes.  L’objectif ici : mettre en place sans délai des solutions efficaces pour éviter « le temps perdu » et les « périodes d’errance » pouvant générer un nouveau « décrochage ».

Un rendez-vous à ne pas manquer L’intelligence territoriale qui sera déployée dans ce cadre aura besoin de projets innovants et de toutes les énergies mis au service de l’ambition collective. En tant qu’acteur de la EdTech, Humanroads sera au rendez-vous, aux côtés des acteurs et des jeunes pour faciliter l’accès à la formation et limiter le risque de l’exclusion sociale et professionnelle de la partie la plus vulnérable de notre jeunesse.

*Le rapport se trouve à la fin de cet article publié par France Inter.

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